Faire ta propre livraison ou du retrait, sans passer par les plateformes

Mis à jour le · 8 min de lecture

Les plateformes de livraison t’apportent des clients, mais elles prennent une commission sur chaque commande. Beaucoup de fast-foods veulent garder au moins une partie de leurs ventes en direct. Deux chemins existent : livrer toi-même, ou faire venir le client avec la commande en ligne et le retrait. Voici ce que chacun demande vraiment.

D’abord, fais le calcul

Avant de te lancer, compare. Sur une commande passée par une plateforme, calcule ce qu’il te reste après commission. Sur une livraison faite par toi, compte le temps du livreur, le véhicule, le carburant ou la recharge, l’assurance, les emballages et le paiement en ligne. Le calculateur de commission t’aide à faire la première partie.

La livraison en direct devient intéressante quand tu as assez de commandes dans une zone proche pour occuper un livreur sur tes heures de rush. Avec trois livraisons par soir, le coût d’un livreur pèse lourd. Le retrait, lui, ne coûte presque rien de plus.

Option 1 : un livreur salarié

Embaucher un livreur, c’est la solution la plus simple sur le plan juridique : il fait partie de ton équipe, tu organises ses horaires et ses tournées, et il représente ton restaurant. Il est payé au moins au Smic et relève de ta convention collective, avec un contrat de travail et une déclaration préalable à l’embauche comme pour tout salarié.

Beaucoup de fast-foods emploient des livreurs à temps partiel sur les heures du soir et du week-end, ou font livrer des équipiers en salle quand le rush est passé. Pense aux règles du temps partiel : un contrat écrit, une durée et une répartition des heures prévues.

Option 2 : des coursiers indépendants

Tu peux aussi faire appel à des coursiers à leur compte, immatriculés comme entrepreneurs, ou à une société de coursiers locale. Tu paies une prestation, sans charges sociales d’employeur.

Attention au faux indépendant. Ce qui compte, ce n’est pas le contrat signé, c’est la réalité : si tu donnes des ordres au coursier, imposes ses horaires, contrôles son travail et peux le sanctionner, il existe un lien de subordination. Le contrat peut alors être requalifié en contrat de travail, et l’Urssaf peut retenir le travail dissimulé. Un vrai indépendant choisit ses horaires, travaille avec plusieurs clients et fixe ses conditions.

Vérifie aussi que le coursier est bien immatriculé (demande son numéro Siret) et assuré pour son activité, et garde ses factures.

Le véhicule et son assurance

Tout véhicule à moteur qui roule doit être assuré au moins en responsabilité civile. Pour la livraison, ça ne suffit pas toujours :

  • Véhicule de l’entreprise (scooter, voiture, vélo cargo électrique) : il doit être assuré par l’entreprise, pour un usage professionnel.
  • Véhicule personnel du salarié : son assurance ne couvre pas forcément les trajets pour le travail. Il doit prévenir son assureur et avoir une extension pour usage professionnel, ou tu prends une assurance « mission » qui couvre les salariés utilisant leur propre véhicule.
  • Dis aussi à l’assureur de ton restaurant que tu fais de la livraison : ta responsabilité civile doit couvrir les repas livrés.

Garder les plats chauds et sûrs

Les règles d’hygiène continuent de s’appliquer pendant le trajet. La réglementation fixe à 63 °C au moins la température des plats livrés chauds, sauf analyse des dangers validée qui montre qu’une température plus basse ne présente pas de risque. Les produits froids, comme les desserts frais ou les salades, doivent rester au froid.

En pratique : des sacs isothermes propres et nettoyés chaque jour, des trajets courts, des emballages fermés et une étiquette ou un scellé qui montre que le sac n’a pas été ouvert. Mentionne la livraison dans ton plan de maîtrise sanitaire.

Ta zone et tes frais de livraison

Limite ta zone à ce qu’un livreur peut couvrir rapidement, pour que les plats arrivent chauds et que le livreur revienne vite. Tu peux fixer un minimum de commande et des frais de livraison, qui doivent être clairement indiqués au client avant qu’il valide. Annonce un délai réaliste, surtout au rush : un client prévenu attend mieux qu’un client surpris.

Option 3 : la commande en ligne et le retrait

Pour beaucoup de fast-foods, le plus rentable n’est pas de livrer, mais de faire commander en ligne pour venir chercher. Le client commande et paie depuis son téléphone, puis passe récupérer sa commande sans faire la queue. Pas de livreur, pas de commission en pourcentage, et le client entre dans ton restaurant, où il peut ajouter une boisson ou un dessert.

Le retrait programmé va plus loin : le client choisit un créneau, par exemple 12 h 30, et tu limites le nombre de commandes par créneau pour ne pas déborder. C’est idéal pour les bureaux et les écoles autour de toi. Plus de détails dans notre article sur le click and collect.

Faire connaître ta commande directe

Une page de commande ne sert à rien si personne ne la connaît. Mets un QR code sur tes sacs, tes tickets, ta vitrine et tes flyers. Ajoute le lien dans ta fiche Google et sur tes réseaux. Donne une raison de commander en direct : un programme de fidélité, une offre réservée aux commandes en ligne, ou simplement le même prix qu’au comptoir.

Tu n’es pas obligé de tout arrêter du jour au lendemain : beaucoup gardent les plateformes pour se faire découvrir, et font basculer petit à petit leurs habitués vers leur propre commande en ligne.

Questions fréquentes

Peut-on livrer soi-même sans passer par une plateforme ?

Oui. Tu peux embaucher un livreur ou faire appel à des coursiers indépendants, avec une assurance adaptée pour le véhicule et une zone de livraison raisonnable.

Livreur salarié ou coursier auto-entrepreneur ?

Le salarié est plus simple juridiquement. Avec un indépendant, si tu lui imposes horaires et consignes comme à un employé, le contrat peut être requalifié en contrat de travail et l’Urssaf peut retenir le travail dissimulé.

Quelle assurance pour un livreur qui utilise son propre véhicule ?

Son assurance doit couvrir l’usage professionnel : il doit prévenir son assureur, ou l’employeur prend une assurance mission qui couvre les salariés utilisant leur véhicule.

À quelle température livrer un plat chaud ?

Au moins 63 °C selon la réglementation, sauf analyse des dangers validée qui permet une température plus basse.

Quelle alternative à la livraison pour réduire les commissions ?

La commande en ligne avec retrait, immédiat ou programmé sur un créneau : le client paie en ligne et vient chercher sa commande, sans commission en pourcentage ni livreur.

Sources officielles

Cet article donne des informations générales. Pour ta situation précise, vérifie avec ton expert-comptable ou l’administration.

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